{"id":2549,"date":"2017-08-26T11:59:13","date_gmt":"2017-08-26T11:59:13","guid":{"rendered":"http:\/\/visit-meknes.com\/?p=2549"},"modified":"2017-08-26T11:59:13","modified_gmt":"2017-08-26T11:59:13","slug":"yalla-mama-un-projet-qui-redonne-dignite-et-valorise-le-savoir-faire-de-femmes-artisanes-de-meknes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/yalla-mama-un-projet-qui-redonne-dignite-et-valorise-le-savoir-faire-de-femmes-artisanes-de-meknes\/","title":{"rendered":"Yalla Mama, un projet qui redonne dignit\u00e9 et valorise le savoir-faire de femmes artisanes de Mekn\u00e8s"},"content":{"rendered":"<p>Une envie de tapis, puis un projet et beaucoup de courage. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une coop\u00e9rative artisanale de la r\u00e9gion de Mekn\u00e8s, lanc\u00e9e par Karima Bouchaara, une battante infatigable qui a r\u00e9uni autour d\u2019elle une \u00e9quipe de femmes artisanes tisserandes sans emploi ou en situation pr\u00e9caire.<\/p>\n<p>Yalla Mama est ainsi n\u00e9e de la volont\u00e9 de valoriser le talent de ces femmes aux doigts de f\u00e9es, de relancer la production locale du tapis boucharouette de mani\u00e8re \u00e9cologique, solidaire et contemporaine.<\/p>\n<p>Exclusivement fabriqu\u00e9s \u00e0 partir de chutes d\u2019usines de confection marocaines, les tapis de Yalla Mama s\u2019inscrivent dans une d\u00e9marche \u00e9quitable. Nous avons rencontr\u00e9 quelques unes de ces femmes aux parcours \u00e9mouvants qui ont retrouv\u00e9 foi en la vie. Une formidable aventure humaine.<\/p>\n<p>N\u00e9e d\u2019une rencontre entre des m\u00e8res courage au savoir-faire ancestral en voie de disparition et une femme entrepreneure et combative, Yalla Mama m\u00eale avec justesse l\u2019art du tissage traditionnel marocain et le design contemporain, sobre, voire minimaliste.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leur talent et leur savoir-faire rare, ces femmes artisanes \u00e9taient marginalis\u00e9es. Pas assez valoris\u00e9es pour vivre de leur m\u00e9tier, elles l\u2019ont laiss\u00e9 de c\u00f4t\u00e9. Et pour subvenir aux besoins de leur famille, elles faisaient du m\u00e9nage. Faute de demandes et de moyens, la plupart des m\u00e9tiers \u00e0 tisser (machines utilis\u00e9es pour fabriquer du tissu) \u00e9taient soit vendus ou laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019abandon dans un \u00e9tat tr\u00e8s ab\u00eem\u00e9.<\/p>\n<p>Si l\u2019artisanat marocain est extr\u00eamement pris\u00e9, il ne permet pas pour autant aux petites mains d\u2019en vivre convenablement, notamment en raison d\u2019interm\u00e9diaires peu scrupuleux. \u201cLe probl\u00e8me de ces femmes, c\u2019est qu\u2019elles savent cr\u00e9er, mais ne savent pas vendre. Pour vivre de son artisanat, il faut le vendre, c\u2019est pour cela que je me bats. Pour que ces femmes ne soient pas exploit\u00e9es par des interm\u00e9diaires qui, \u00e0 la fin, les paient une mis\u00e8re\u201d, d\u00e9clare Karima au HuffPost Maroc. \u201cYalla Mama, c\u2019est donc un appel \u00e0 une nouvelle mani\u00e8re de valoriser notre artisanat pour le pr\u00e9server et l\u2019enrichir, et envisager \u00e9galement de nouvelles mani\u00e8res de le produire, qui profiteraient \u00e0 tou(te)s\u201d.<\/p>\n<p>Avant d\u2019entamer ce combat, Karima Bouchaara g\u00e9rait sa bo\u00eete de communication pendant 17 ans. Elle est \u00e9galement pr\u00e9sidente du festival international du cheval de Meknes-Tafilalet depuis plusieurs ann\u00e9es. C\u2019est une v\u00e9ritable boule d\u2019\u00e9nergie qui aime relever les d\u00e9fis. Apr\u00e8s la perte tragique de son \u00e9poux, elle cherche un nouveau sens \u00e0 sa vie. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019elle rencontre ces \u201cmamas\u201d.<\/p>\n<p>\u201cElles m\u2019ont donn\u00e9 la force de continuer \u00e0 me battre, c\u2019est, en quelque sorte, mon tapis volant\u201d, confie-t-elle avec beaucoup d\u2019\u00e9motion. \u201cAujourd\u2019hui, je me bats pour repr\u00e9senter Yalla Mama dans des expositions \u00e0 Paris, \u00e0 Copenhague\u2026 Avec l\u2019aide du pr\u00e9sident de la Chambre de l\u2019artisanat qui nous aide \u00e9norm\u00e9ment\u201d.<\/p>\n<p>Pour l\u2019instant, Karima travaille avec 4 \u201cmamas\u201d qui sont le noyau dur de Yalla Mama. \u201c\u00c9videmment, quand nous avons de grosses commandes, nous faisons aussi appel \u00e0 d\u2019autres femmes. Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 former des jeunes filles \u00e0 ce m\u00e9tier en disposant des m\u00e9tiers \u00e0 tisser dans nos bureaux. Nous comptons \u00e9galement prendre en r\u00e9sidence des jeunes filles d\u2019Azrou \u00e0 compter de septembre prochain afin de perp\u00e9tuer ce savoir-faire ancestral\u201d, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Mama Amina est sourde et muette, c\u2019est la fille de Mama Itou, une femme tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e. Elle n\u2019a jamais appris le langage des signes, ce qui l\u2019a compl\u00e8tement coup\u00e9e du monde. Elle adore tisser, c\u2019est sa petite \u201cbulle d\u2019expression\u201d. La m\u00e8re et la fille vivent ensemble et elles se battent pour survivre. \u201cMalgr\u00e9 son handicap, Mama Amina est celle qui me comprend le mieux, il y a une sorte d\u2019alchimie entre nous, qui d\u00e9passe les mots et les langages. On communique avec le c\u0153ur\u201d, raconte Karima.<\/p>\n<p>Sa m\u00e8re, Mama Itou, a beaucoup souffert pour subsister aux besoins de sa fille handicapp\u00e9e. Elle fabriquait avec sa fille des petits tapis avec leurs propres moyens. Ensuite, elle partait les vendre sur la place Lahdim \u00e0 Mekn\u00e8s, pour quelques pi\u00e8ces. Une t\u00e2che parfois difficile, car les acheteurs \u00e9taient si rares que Mama Itou se devait de brader ses tapis pour avoir de quoi rentrer et souper chez elle. \u201cC\u2019est l\u2019une des femmes les plus fortes que je connaisse\u201d, indique Karima.<\/p>\n<p>Mama Fatna est tr\u00e8s conciliante. Elle m\u00e8ne une vie incroyable et prend en charge, en plus de sa fille, son mari et son fils, tous deux sans emploi. C\u2019est elle qui fait vivre toute la famille. \u201cElle a l\u2019avantage d\u2019avoir une ouverture d\u2019esprit, une modernit\u00e9 et une sensibilit\u00e9 qui lui sont propres. Elle arrive \u00e0 cr\u00e9er des choses extr\u00eamement modernes\u201d.<\/p>\n<p>Mama Aziza est une dure. Elle repr\u00e9sente la vraie image de la matriarche. C\u2019est elle qui assure tout dans son foyer et subvient aux besoins de sa famille qui compte notamment sa fille divorc\u00e9e, revenue vivre \u00e0 la maison familiale avec sa petite fille, ainsi que son fils, sa femme et ses deux enfants qui vivent avec elle. \u201cC\u2019est elle qui paie le loyer et qui travaille pour tout ce petit monde\u201d.<\/p>\n<p>\u201cNous avons install\u00e9 des m\u00e9tiers \u00e0 tisser dans leur domicile afin qu\u2019elles puissent continuer \u00e0 cr\u00e9er sans avoir \u00e0 se d\u00e9placer. Mais il faut souligner que ces femmes d\u2019un certain \u00e2ge n\u2019ont aucune retraite, aucune s\u00e9curit\u00e9 sociale. Ce travail leur permet, aujourd\u2019hui, de vivre dans la dignit\u00e9\u201d.<\/p>\n<p>\u201cBient\u00f4t, une nouvelle mama va nous rejoindre, c\u2019est l\u2019artiste peintre Asmaa La\u00e2roussi. Divorc\u00e9e, elle \u00e9l\u00e8ve seule sa fille avec beaucoup de courage. Elle va peindre ses toiles sur des chaises marocaines chin\u00e9es. Une mani\u00e8re, pour nous, de redonner vie \u00e0 des objets d\u00e9laiss\u00e9s et d\u2019apporter une touche d\u2019originalit\u00e9 et de po\u00e9sie \u00e0 nos cr\u00e9ations\u201d, se r\u00e9jouit Karima.<\/p>\n<p><strong>huffpost.com<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une envie de tapis, puis un projet et beaucoup de courage. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une coop\u00e9rative artisanale de la r\u00e9gion de Mekn\u00e8s, lanc\u00e9e par Karima Bouchaara, une battante infatigable qui a r\u00e9uni autour d\u2019elle une \u00e9quipe de femmes artisanes tisserandes sans emploi ou en situation pr\u00e9caire. Yalla Mama est ainsi n\u00e9e de la volont\u00e9 de valoriser<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2550,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2549"}],"collection":[{"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2549"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2549\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2551,"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2549\/revisions\/2551"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2550"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2549"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2549"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/visit-meknes.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2549"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}